Dans la petite cuisine en galets de sa grand-mère, entre les feuilles de maïs et les braises, Daisy Law Laï a appris les saveurs de la vie. Responsable du club Célimène à La Saline, elle porte en elle les souvenirs d’une enfance modeste mais riche de chaleur humaine, de traditions et de solidarité. Entre les récits au coin du feu, les marches à l’école avec sa vanne cassée, et les tisanes de “zépis” râpés, Daisy a grandi avec le sens du partage et du courage. Aujourd’hui, elle danse, elle transmet, elle rayonne, portrait d’une femme qui a su transformer les racines de son passé en force pour les autres.
Une enfance entre galets, maïs et entraide
Daisy Law Laï grandit à Tévelave, bercée par les gestes tendres de sa grand-mère dans une petite cuisine en galets. Les souvenirs sont précis : les pieds de maïs dans la cour, les enveloppes utilisées pour les tisanes, la graisse pays en lieu de beurre, les histoires racontées autour du feu.
Dans cette maison modeste, la vie était simple mais pleine de saveurs et de solidarité. En tant que deuxième d’une fratrie nombreuse, Daisy se lève tôt pour cuisiner pour son père, accompagne ses frères et sœurs à l’école à pied, parfois avec une vanne cassée, et partage les fruits ramassés sur le chemin. Une enfance sans luxe, mais riche en valeurs.
Du foyer familial à l’engagement éducatif
Après un parcours scolaire interrompu, Daisy trouve sa voie grâce à un beau-frère qui l’encourage à suivre une formation dans le domaine de l’enfance. Elle obtient son BAFA et commence à travailler dans un centre à La Saline, épaulant les enseignants et encadrant les enfants.
À l’époque, le salaire est modeste, 600 francs, dont 400 pour le logement et la nourriture. Mais elle partage ce qu’elle gagne avec sa famille. Ce sens du devoir et du don de soi l’accompagne jusqu’à sa rencontre avec son mari, à 24 ans. Ensemble, ils fondent une famille avec trois enfants, et elle continue à cultiver sa passion pour la danse et la musique, soutenue par un mari compréhensif.

Danser pour vivre, transmettre pour unir
Aujourd’hui responsable du club Célimène à La Saline, Daisy incarne la mémoire vivante de son quartier. Elle danse, elle anime, elle rassemble. Même si elle n’a jamais appris à jouer de l’accordéon, elle vibre au rythme des musiques traditionnelles et des souvenirs partagés. Sa vie est un hommage à ceux qui l’ont précédée, à la cuisine de sa grand-mère, aux marches vers l’école, aux gestes simples qui font les grandes personnes.
“On n’était pas riches, mais on vivait bien,” dit-elle avec fierté.
Daisy Law Laï est une femme de transmission, de cœur et de racines. Son histoire est celle de La Réunion profonde, celle qui ne s’oublie pas.






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