Dans une pièce baignée de lumière, entre fils de coton, teintures végétales et esquisses suspendues, Aurélie de Boisvilliers tisse bien plus que des robes. À 35 ans, cette créatrice réunionnaise a fondé l’atelier d’Opale, un espace de création où le macramé devient langage, émotion, et manifeste artistique. Ici, chaque nœud est une pulsation, chaque robe une déclaration.
De l’hôpital à l’atelier : une renaissance par le fil
Avant de devenir créatrice, Aurélie était infirmière en oncologie pédiatrique. Pendant sept ans, elle a accompagné des enfants dans leur combat contre la maladie, avec une humanité profonde. Mais un jour, elle ne se reconnaît plus dans ce quotidien. Elle ressent le besoin de se reconnecter à elle-même, de créer quelque chose qui lui appartient.
« J’ai eu besoin de faire quelque chose pour moi ».
Elle commence alors à tisser, d’abord des suspensions pour plantes, puis des bijoux en micro-macramé. Peu à peu, les gestes deviennent plus amples, les projets plus audacieux. Et un jour, elle réalise sa première robe. Sans patron, sans couture. Juste des nœuds.
« Je ne sais pas comment je sais. Je sais juste quels nœuds faire, et dans quel ordre ».


Une naissance, une révélation
C’est pendant sa grossesse que tout prend sens. En attendant sa fille, Opale, Aurélie commence à tisser ses premières pièces. Le lien est immédiat, viscéral. L’atelier d’Opale naît ainsi, dans un moment de grâce, comme une extension de cette histoire d’amour. Depuis, chaque création est imprégnée de cette énergie fondatrice : la douceur d’un geste maternel, la force d’une femme qui se réinvente.


Des robes comme des héroïnes
Les créations d’Aurélie ne sont pas de simples vêtements. Ce sont des personnages, des archétypes féminins puissants. Il y a la Reine de Saba, inspirée par la légende du roi Salomon, qui sera présentée à la Fashion Week de Londres. Une robe majestueuse, encore en cours de réalisation, avec une traîne en vert émeraude et des fils teints à partir de plantes locales. Il y a l’Amazon Impérial, une tenue en trois pièces – cape, haut, jupe – modulable et audacieuse. Il y a Deva Indira, Xena, et d’autres encore, toutes portant des noms de guerrières, incarnant la puissance, la liberté et la beauté plurielle.


« Tout le monde peut porter mes créations. Il faut juste savoir les adapter à sa morphologie, à son style ».


Un savoir-faire enraciné dans La Réunion
Aurélie travaille avec des fils de coton teints naturellement, à partir de fleurs, de plantes locales, et même de cochenilles. Elle rêve de créer des vêtements entièrement imprégnés de teintures végétales réunionnaises, pour que chaque robe raconte aussi l’histoire de son île.


De La Réunion aux podiums internationaux
Après un défilé remarqué à Top Model Réunion, l’atelier d’Opal attire l’attention. Son compagnon François, discret mais déterminé, envoie des photos à des organisateurs de défilés internationaux. Et la réponse ne tarde pas : la Fashion Week de Londres souhaite collaborer avec elle.
« On a été recontactés très vite. Ils voulaient travailler avec nous ».


Le rêve devient réalité. Le 4 septembre prochain, Aurélie présentera ses créations à la Fashion Week de Paris, puis le 20 septembre à Londres. Une marque née dans l’intimité d’un atelier réunionnais, portée par ses racines, prête à rayonner bien au-delà des océans.


« Je remercie tous les Réunionnais et toutes les personnes qui me soutiennent dans cette aventure. C’est grâce à eux que je peux porter cette marque aussi loin ».







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