Le 17 août dernier, lors de la Mad Pride 974, Passions Réunion a eu un véritable coup de cœur pour une artiste pas comme les autres : Lindsay Catherine. Vêtue d’une élégante tenue africaine jaune, couleur symbolique de l’événement, elle a ému le public jusqu’aux larmes. Sa voix, sa poésie et son énergie ont provoqué frissons et silences, installant un moment suspendu. Mais derrière l’artiste se cache aussi une infirmière passionnée, qui a choisi d’unir son métier et son art pour transformer la musique en outil de prévention.
Une enfance bercée par la musique
Lindsay a grandi dans une fratrie de quatre enfants où la musique occupait une place centrale. Avec son frère et ses sœurs, elle chantait déjà en polyphonie avant d’intégrer, à seulement dix ans, la chorale de quartier La Mélo du Partage. Choriste puis cheffe de chœur, elle se forge une solide expérience musicale.
C’est en 2012, lors de son entrée en Institut de Formation en Soins Infirmiers, qu’elle commence à écrire et composer des chansons autour de la santé. Huit ans plus tard, ses premiers enregistrements studios voient le jour. Aujourd’hui, son répertoire compte 19 titres, allant du slam au maloya fusion, tous porteurs de messages de sensibilisation.


Entre soin et création : un équilibre unique
Être infirmière, c’est côtoyer chaque jour la fragilité humaine. De ces expériences naît une inspiration que Lindsay transforme en chansons. Pour elle, l’art et le soin sont indissociables :
« L’artiste pose les mots et les mélodies sur ce que l’infirmière observe. L’infirmière, elle, affine les messages pour qu’ils soient utiles et justes », explique-t-elle.
Consciente que la maladie reste un sujet tabou, elle utilise la musique comme un langage universel, capable de toucher par l’émotion et d’ancrer des messages de prévention dans la mémoire collective.
Dans son répertoire, Lindsay mélange les styles, mais le maloya occupe une place particulière. Héritage culturel et symbole de transmission, il permet de parler directement au cœur des Réunionnais.
« La culture est une force. Avec le maloya, on peut transmettre un savoir, pourquoi pas aussi des savoirs liés à la santé ? », confie-t-elle.
Cette démarche originale permet de sensibiliser autrement, en s’appuyant sur des sonorités familières et porteuses d’histoire.
Santé Chantée, un projet pionnier
En 2022, son projet Santé Chantée voit le jour grâce à un partenariat avec le CRF Ylang Ylang. Le premier clip, consacré à la prévention de l’AVC, marque le début d’une nouvelle aventure. Depuis, Lindsay écrit, compose et réalise des chansons de prévention adaptées à différentes thématiques de santé, en collaboration avec des institutions, associations et acteurs publics.
Chaque titre est accompagné d’images, sous forme de courts-métrages scénarisés, renforçant ainsi l’impact des messages.


De la musique à la comédie musicale
La rencontre avec le CCAS des Avirons et ses responsables, Mme Florence Noel et Mme Nelly Fontaine, a donné une nouvelle dimension au projet. Ensemble, ils imaginent une comédie musicale de prévention, une première à La Réunion.
Présentée en 2024 et 2025 à la salle Georges Brassens, la pièce consacrée aux violences intrafamiliales a fait salle comble lors de ses trois représentations. Originalité du projet : la population elle-même est montée sur scène après avoir appris à chanter, danser et jouer, rendant le message encore plus fort.
En décembre 2025, une nouvelle création sera dévoilée, cette fois sur la thématique de l’Alzheimer. Intitulée Lo tan i pass, cette tragi-comédie musicale promet de marquer une nouvelle étape.
Un message d’amour et de résilience
Au-delà des chiffres et des projets, Lindsay souhaite avant tout délivrer un message universel :
« Je veux que le public développe l’amour de soi. Quand on apprend à s’aimer, on prend soin de soi, et ce bien-être rayonne ensuite autour de nous. »
Avec sa voix, son énergie et sa sensibilité, Lindsay Catherine prouve qu’il est possible de transformer l’art en un outil de soin collectif. Une démarche unique qui fait résonner la musique jusque dans les consciences.






Laisser un commentaire