À l’occasion de la Journée du Grand Repas, Gérard Anacoya a troqué sa louche pour le micro afin de raconter sa passion pour la cuisine collective. Chef de la cuisine centrale du lycée Marguerite Jauzelon (ex-Bellepierre), il orchestre chaque jour la préparation de milliers de repas pour les collèges et lycées du nord de La Réunion. Derrière cette organisation millimétrée, se cache un homme profondément attaché à son métier… et à son île.
Une vocation née dans les marmites maternelles
« Mon premier chef de cuisine, c’est ma mère », raconte Gérard, un brin ému. Petit, il la regardait transformer trois ingrédients et deux marmites en festin pour toute la famille. Son premier essai culinaire ? Des haricots rouges boucanés… oubli de dessalage compris. « Ma mère n’a pas pu en manger, mais moi, j’ai pris une leçon de vie », plaisante-t-il.
Formé au lycée hôtelier de Saint-Paul dans les années 1980, il fait ses armes dans les hôtels et restaurants de l’île pendant vingt ans, avant de rejoindre la collectivité en 2000. Objectif : faire rimer service public et exigence gastronomique.
Une cuisine au service du territoire
Aujourd’hui, sa cuisine centrale alimente tout un bassin scolaire, de La Montagne à Sainte-Marie. Chaque jour, 77 300 euros de repas sortent des fourneaux, concoctés par une équipe de 25 personnes.
Mais ici, pas question de faire du « tout prêt » : 90 % des produits sont locaux « Et pour le reste, je bosse directement avec les agriculteurs. En collectivité, il faut toujours avoir un coup d’avance », glisse-t-il, l’œil malicieux.


Entre tradition et innovation
Curieux de nature, Gérard aime revisiter les classiques en y ajoutant une touche péi. La preuve : lors de la Journée du Grand Repas, il a concocté un chou à la crème de patate douce, en partenariat avec Jofran Restauration Collective. « Le résultat était franchement réussi. Et quand les collègues reviennent pour un deuxième, c’est que t’as visé juste ! »
Son dessert préféré ? La tarte tatin, simple et sans chichis. « Pas besoin de glace, pas de chantilly. Juste la tarte. Elle se suffit à elle-même. »

Une passion qui mijote depuis 42 ans
Quarante-deux ans de métier, et toujours la même flamme. « Officiellement, je bosse de 6 h à 14 h, mais à 5 h 15 je suis déjà là… et souvent, à 16 h, j’y suis encore ! » Chez lui, en revanche, c’est une autre histoire : « En semaine, je suis plutôt team William Saurin ! » rit-il. Mais le dimanche, il ressort ses couteaux et laisse parler le chef.
Son secret pour durer ? « Le travail, le travail, le travail… et la patience. Ne cours pas après l’argent. Apprends, forme-toi, et le reste viendra tout seul. »


Une philosophie créole en héritage
Pour conclure, Gérard partage un proverbe qu’il aime particulièrement :
« Ti hache y coupe gros bois » — une petite hache peut abattre un gros arbre.
Une belle leçon de persévérance et de passion, à l’image de son parcours : ancré, généreux, et profondément humain.







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