Si vous cherchez Laure Robert sur un terrain, ne clignez pas des yeux : elle est déjà ailleurs. Dimanche dernier, pour l’ouverture de la saison au stade de l’Est, la dionysienne a rappelé à tout le monde pourquoi elle était la « cible » numéro un. Face à Saint-Paul, pour le Trophée des Championnes, elle n’avait pas une, ni deux, mais parfois quatre joueuses sur le paletot. Un comité d’accueil un peu trop collant ? Même pas peur.

« Elles savaient que j’allais jouer, alors elles m’ont mis un marquage individuel. À chaque fois, j’avais trois ou quatre joueuses autour de moi. Je m’y attendais, j’ai su m’adapter », glisse-t-elle avec le flegme de celle qui a vu d’autres systèmes tactiques.

Le « Tour de France » d’une bosseuse

Si Laure affiche un tel calme, c’est qu’elle a connu les pelouses où l’on ne fait aucun cadeau. Partie à l’âge de 11 ans, un saut dans l’inconnu pour conquérir l’Hexagone, elle a forgé son caractère dans les clubs les plus prestigieux.

Deux ans à Montpellier, trois ans au Paris Saint-Germain, puis la rudesse de la deuxième division à Saint-Maur… Laure a appris le métier à la dure.

« C’est mon métier et aujourd’hui je suis payée pour faire du foot. C’est le travail qui paye », rappelle-t-elle avec une fierté légitime. 

Ce n’est pas une coquetterie, c’est le résultat d’un exil sportif loin de sa famille pour atteindre l’élite.

Le soleil, ce faux ami

Pourtant, après des années à braver le crachin parisien, retrouver le zénith réunionnais a été un petit choc thermique.

 « C’était dur avec le soleil, je n’ai plus trop l’habitude ! », avoue-t-elle dans un sourire.

 Mais chassez le naturel, il revient au galop : impliquée sur les deux buts de la victoire (2-1), elle a prouvé que son pied droit n’avait pas oublié le chemin des filets locaux.

Pour Laure, ce retour au pays est aussi un pèlerinage. Passer de l’ombre de la métropole à la lumière de Saint-Denis, là où tout a commencé à l’USB Saint-Bernard, c’est boucler la boucle.

La capitale reste la capitale

Malgré un petit « coup de mou » collectif en deuxième mi-temps, la technicienne a su relever la tête pour offrir le titre aux Orange. 

Pour elle, c’était une question d’honneur : « Saint-Denis, c’est la capitale, donc il fallait ramener la coupe. »

Technique soignée, mental d’acier et une pointe d’humour sur sa condition de « cible mouvante », Laure Robert est bien la tête d’affiche qu’il ne faudra pas lâcher d’une semelle cette saison. À condition de réussir à l’attraper.

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