Des dorures de chez Dior et Hermès aux écorces d’acacia de la Plaine des Grègues, il n’y a qu’un pas… ou plutôt un saut au-dessus de l’océan qu’Isabelle Odon a franchi avec panache.
Après 20 ans à dessiner des textiles pour la haute couture entre Lyon et Montréal, cette enfant du péi est revenue poser ses valises (et ses ciseaux) à La Réunion il y a deux ans. Son crédo ? Odon Nature Créative. Ici, on oublie le synthétique et le « mesquin » du milieu de la mode parisienne pour retrouver l’essentiel : la terre, le végétal et l’harmonie.

L’art de la métamorphose
Pour Isabelle, 50 ans, cette année et une énergie de jeune pousse, la création est une affaire de famille. Entre un papa agriculteur, une maman reine du patchwork et une tatie couturière pro, elle était programmée pour sublimer la matière. Mais attention, ne lui parlez pas de simple « bricolage » : Isabelle est une alchimiste.

Elle transforme le bois de sapon en rouges vibrants, l’indigo en bleus profonds et le mimosa pei en parures de scène. Sa dernière prouesse ? Un costume de Paille-en-queue monumental, né d’une étincelle cérébrale et de recherches sur le mythe de Phaéton (celui qui voulait toucher le ciel, rien que ça !).
« Le milieu de la mode, c’est particulier… Le Land Art avec les enfants, c’est la vraie vie, c’est la spontanéité ! »

Des podiums au jardin botanique
Aujourd’hui, Isabelle s’épanouit loin des défilés guindés. On la retrouve au Jardin de Mascarin pour des projets de Land Art, ou en train de transmettre ses secrets de teinture végétale à des collégiens ébahis. Son truc à elle, c’est la femme-oiseau, le costume de cirque qui prend vie et la magie des rencontres.

Entre deux bains de teinture et un projet de « jardin pour tous », Isabelle continue de tisser le lien entre ses racines réunionnaises et son savoir-faire international. Une artiste résolument « resplendissante », qui prouve que l’on peut avoir travaillé pour les plus grands noms du luxe tout en gardant les pieds bien ancrés dans la terre de son île.
Son petit secret pour garder la forme ? Un bon cari (elle laisse le rougail aux autres !) et une dose quotidienne d’expérimentation sauvage.
Une créatrice à suivre de près, avant qu’elle ne s’envole vers de nouveaux costumes mythologiques !





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