Certains enfants collectionnent les cartes Pokémon, d’autres grimpent sur le meuble de la cuisine pour atteindre la boîte de gâteaux. Léo Grosset, lui, grimpait absolument partout : arbres, murs, structures d’escalade improvisées… À tel point que ses proches ont rapidement fini par se rendre à l’évidence. Plutôt que de transformer le salon en chantier, autant l’inscrire dans un club !

Quelques années plus tard, la passion du gamin qui s’accrochait aux branches est devenue une sacrée machine à gagner. À seulement 17 ans, le jeune Réunionnais ne se contente plus de grimper : il vole.

Le déclic de 2023 : Adieu le bloc, vive les fusées !

Pourtant, le grand saut vers le très haut niveau a failli prendre une tout autre tournure. En 2023, Léo dispute les championnats de France en participant à deux disciplines : le bloc et la vitesse. Les résultats tombent, tranchants comme un couperet : une modeste vingtième place en bloc, mais une médaille d’or étincelante en vitesse.

Le calcul a été vite fait. On oublie la résine du bloc et on se concentre à cent pour cent sur le sprint vertical !

Un choix tactique payant, car depuis cette décision décisive, Léo Grosset a littéralement braqué les podiums. Il enchaîne les couronnes nationales en conservant son titre de champion de France de 2023 jusqu’en 2026, tout en dominant la scène internationale en décrochant deux sacres consécutifs de champion d’Europe sur les saisons 2024 et 2025. Bref, sur le mur de vitesse de quinze mètres, le bonhomme ne laisse que des miettes à ses adversaires.

Bac sur deux ans et cap sur les sommets mondialisés

Comment jongler entre le lycée et un chrono en dessous des temps de référence mondiaux ? C’est là que le travail d’équipe prend tout son sens. Élève au lycée Gérard Éthève et pensionnaire du Pôle Espoir de La Réunion, Léo bénéficie d’un double projet sur-mesure.

Pour lui offrir les meilleures chances de réussite, sa classe de terminale a été judicieusement étalée sur deux ans. La première année est consacrée à la validation du tronc commun, tandis que la seconde permet de se concentrer pleinement sur les épreuves de spécialité.

Cet aménagement sur-mesure lui permet d’enchaîner les séances d’entraînement intensives sans surchauffer le cerveau devant les devoirs. Et de la disponibilité, il va lui en falloir ! Après de remarquables débuts chez les grands lors de l’étape de Coupe du Monde à Chamonix, le grimpeur entame sa transition définitive du circuit jeune vers l’élite senior.

De la flamme au sol réunionnais jusqu’à Los Angeles… et aux lignes aériennes !

Fièrement ancré dans son île, Léo a récemment vécu un moment chargé d’émotion aux côtés de Cyrille Melchior. Choisi pour porter la torche des Jeux de Paris 2024 et l’installer durablement au cœur du Conseil départemental, il a porté bien plus qu’un symbole historique : il a porté l’immense fierté de tout un territoire et de sa famille.

« Ce moment avec la flamme, c’est un peu le top de départ symbolique de mon rêve olympique. »

L’objectif ultime est désormais clairement affiché : les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028. L’échéance approche à grands pas, mais avec un soutien familial à toute épreuve, un encadrement local au top et un mental d’acier, Léo Grosset aborde la suite avec une sérénité déconcertante.

Une fois les sommets sportifs conquis, le jeune prodige compte bien réaliser son autre grand rêve de gosse : prendre les commandes des longs-courriers et devenir pilote de ligne. Le sang-froid et la précision exigés au sommet du mur seront d’ailleurs ses meilleurs alliés dans le cockpit.

Une chose est sûre : le sprint vertical français a trouvé son nouveau phénomène, et il n’a pas fini de faire décoller les couleurs de La Réunion !

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